Un nouvel album de Bruit Fantôme imaginé comme une BO de vieux film de science-fiction. L’occasion rêvée pour parler 5 minutes avec Stan Adry de ses projets et de ses goûts musicaux.

On avait laissé Stan Adry avec son projet Transistor Galaxii au printemps 2016, au moment de la sortie d’un très beau  Ep, à la fois mélancolique et poétique, tendance ambient / electronica. On le retrouve en cette rentrée avec Bruit Fantôme et une BO de film imaginaire.
L’album a été enregistré entre 2012 et 2013 sous l’influence des musiques de films de John Carpenter, Goblin ou Rob. On a voulu en savoir plus et on a donc posé quelques questions au producteur rémois.

Bruit fantôme, d’où vient ce nom ?
Un jour j’ai rencontré un grand chaman. Il sortait du Monoprix. A chaque main il portait une canette de 8.6. Il s’est posté devant moi, il m’a fixé plusieurs minutes. Soudain il a levé les bras au ciel et a hurlé « Tu seras Bruit Fantôme ». Ou c’était peut-être « dégage de là abruti », je ne sais plus très bien. Il s’est ensuite mis tout nu et est parti en courant dans la rue. Le pauvre a été fauché par une R25 juste après… Triste spectacle.

Si ton album est la BO d’un film imaginaire, qu’est-ce que raconterait ce film ?
En fait, il y a déjà un pitch pour cette BO. J’ai écrit quelques lignes. Ça m’a aidé à la construire. C’est un en gros l’histoire d’une île où les gens ne meurent jamais. Mais les habitants cachent un terrible secret… Tout est dans les points de suspension. Ce serait super si David Lynch réalisait le truc ou John Carpenter ou bien les réalisateurs de cette série assez dingue « Stranger Things ». Je pense qu’il pourrait sortir en 1984 mais je serais trop jeune pour aller le voir…

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Tu composes comment ?
Mon home studio est dans mon salon, rien de très sexy, pas de photos hashtagée #synthporn avec des Juno, des ARP ou des synthés modulaires avec des câbles partout ! J’ai quelques machines, un clone de 303, quelques petits synthés analogique de chez Korg, un Microkorg, la plupart du temps combiné avec mon laptop. Je compose sur ordinateur depuis des années.

Tu as sorti un Ep de ton nouveau projet Transistor Galaxii en juin 2016, mais quelle est la différence avec Bruit fantôme ?
Avec Transistor Galaxii, je suis plus dans un processus « digital » en roue libre, et je ne fixe aucune limite particulière. Utiliser un rythme un peu trap, de grosses basses, sur des nappes de synthés un peu kitch bien vaporeuses ? C’est ok.  J’utilise aussi beaucoup de samples ce qui n’est quasiment pas le cas pour Bruit Fantôme. C’est une autre manière de bosser. Je boucle, je coupe, je reboucle etc.
Le travail de Daniel Lopatin m’inspire beaucoup pour TG, mais l’écoute de « vieux trucs » comme Future Sound Of London, Plaid ou Orbital également.

Tu écoutes quoi en ce moment ?
Des morceaux du collectif Vapeur, un collectif de musiciens rémois auquel je participe : Puzupuzu, Clap42, Gustine, Slowglide, Sans Tord ou Shonen Bat.  Ils ont tous un son bien à eux. J’écoute aussi le dernier Vince Staples, je redécouvre avec bonheur Snivilisation d’Orbital. J’écoute pas mal tous les albums de Oneohtrix Point Never… Et toujours autant Autechre. Pye Corner Audio aussi, DRAME le projet fou de Rubin Steiner. Des trucs du label El Paraiso ou du label Le Turc Mécanique. Plein de trucs en fait…

Pourquoi avoir choisi bandcamp pour diffuser  ta musique ?
C’est aujourd’hui le moyen le plus simple pour diffuser de la musique en digital, sans label. J’aime aussi la possibilité du prix libre. Comme tu le sais, je viens des netlabels DIY et de la musique libre. Du coup cette idée me plaît bien. L’internaute peut télécharger gratuitement l’album pour essayer ou simplement s’il n’a pas de blé.  S’il trouve que les morceaux sont cool, il fixe son prix en fonction de ses moyens.

Bruit Fantome – The Island (a fake soundtrack) – septembre 2016

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